Point marchés hebdomadaire 01/12/2020
Le mois de novembre s’est avéré exceptionnel. Le CAC 40 a affiché sa plus forte hausse depuis quasiment sa création, la dernière remontant à février 1988, période durant laquelle l’indice avait rebondi de 24% à l’issue du Krack de 1987.
Aujourd’hui, malgré son plongeon déclenché par la crise sanitaire de mars, cette hausse du CAC 40 représente un bel espoir d’amélioration pour les marchés.
Pourquoi cet optimisme des marchés actions ?
- L’arrivée des vaccins.
A la déclaration du 9 novembre de Pfizer et BioNTech concernant « l’efficacité à 90% » de leur candidat vaccin contre le coronavirus, ont rapidement succédé d’autres annonces concernant les essais de vaccins, notamment de Moderna et d’AstraZeneca, et certaines restent encore à venir dont celles de Sanofi. Tout n’est pas réglé mais les premières vaccinations pourraient avoir lieu dès fin décembre. - Les élections américaines.
Après avoir épuisé l’ensemble des recours juridiques pour contester les résultats et essuyé de nombreux revers, Donald Trump ne devrait pas à tarder s’avouer vaincu. Dans l’attente de son installation à la Maison Blanche prévue en janvier 2021, Joe Biden commence d’ores et déjà à annoncer les noms des premiers membres de son gouvernement qui l'accompagneront au cours de son mandat.
La sélection probable de Janet Yellen, ancienne présidente de la Fed, en tant que secrétaire au Trésor (l’équivalent du ministre de l’Economie en France) représente un réel soulagement pour les milieux d’affaires américains car ce choix devrait permettre au futur gouvernement de mettre en place son plan économique en dépit d’un Sénat majoritairement républicain qui modérera certainement les ardeurs démocrates. - Le Brexit.
Prévu dans un mois, le Royaume-Uni et l’Union Européenne vont devoir très rapidement trouver un terrain d’entente. Le cas contraire est impensable pour les marchés au vu des dommages que cette situation causerait aux deux économies, et davantage pour le Royaume-Uni.
Le mois de novembre est marqué par le rattrapage de l’ensemble des valeurs cycliques (ou « value ») par rapport aux valeurs de croissance qui, depuis près de 5 ans, ont surperformé le marché. Un rattrapage mais pas une rotation sectorielle puisque les valeurs cycliques ont très fortement monté (plus de 50% pour certaines banques) mais les valeurs de croissance n’ont enregistré aucune baisse. Pour se faire, il faudrait qu’une tension sur les taux se produise car ainsi, les cash-flows habituellement très stables des valeurs de croissance verraient leur actualisation réduite, ce qui n’est pas d’actualité pour le moment.
Perspectives des marchés pour 2021
Après le violent rebond des marchés, le marché américain a atteint son plus haut historique et l’Europe, qui a globalement perdu autour de 7%, se retrouve proche de ses niveaux de début d’année.
Les perspectives 2021 laissent entrevoir des profits des sociétés européennes en-deçà de ceux obtenus en 2019. On paye environ 18x les bénéfices 2021, ce qui n’est absolument pas bradé.
Les investisseurs se tournent vers l’avenir avec les facteurs de soutien que sont les politiques accommodantes des banques centrales qui inondent le marché de liquidités, les politiques budgétaires non restrictives de l’ensemble des gouvernements et l’arrivée prochaine des vaccins qui devraient permettre à l’économie de rebondir et ainsi voir les profits des sociétés augmenter.
PRINCIPAUX RISQUES
- Crise sanitaire. Les vaccinations devraient débuter fin d’année ou début d’année prochaine. Aujourd’hui, le principal risque porte sur l’apparition d’une mauvaise nouvelle concernant la conformité, la sécurité, … des vaccins qui replongerait l’économie en récession.
- L’afflux de liquidités pourrait commencer à faire peur aux marchés obligataires qui pourraient y percevoir l’arrivée d’une inflation. Si ce cas devait se présenter et si les banques centrales décidaient finalement de ne pas peser sur les taux longs, ces derniers pourraient se tendre un peu et impacter négativement la valorisation des valeurs de croissance.
- Le Brexit.
- Le dollar. Le bas niveau de la devise peut devenir un handicap pour certaines sociétés européennes (sociétés exportatrices) qui pâtissent de la concurrence d’un dollar faible.
- Durcissement de la fiscalité ou de la règlementation pour les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft)
Tous ces risques ne sont pas visibles pour le moment. Aujourd’hui, nous sommes toujours portés par des flux : les investisseurs n’étaient pas massivement investis en actions mais les dernières bonnes nouvelles concernant les vaccins et les élections américaines ont fait office de soutien en déplaçant ces flux vers les actions.
Chez OFI AM, l’arrivée du premier vaccin nous avait fait passer de « égal » à « égal + » sur les actions. Nous maintenons cette recommandation car la valorisation des marchés ne nous semble pas bradée mais nous tenons compte des bonnes nouvelles et des flux qui vont continuer à porter les marchés, notamment européens, sur les semaines à venir.
